Paru le 19 décembre 2019 dans le magazine Décisions HPA en équipement assainissement intérieur.

Le sujet est tabou. Mais il est bigrement d’actualité. Les punaises de lit prolifèrent de manière inquiétante au sein des hébergements de loisirs dans tous les secteurs d’activités : hôtelleries, résidences de vacances et campings. Elles pulluleraient dans un pourcentage ahurissant de logements Airbnb.
Pour les professionnels du tourisme, il y a urgence à s’en débarrasser. À l’instar des mauvaises odeurs d’ailleurs. Sur ces sujets, via les réseaux sociaux, les commentaires des clients ternissent vite la e réputation d’un établissement. Voici quelques conseils avisés pour traiter ce type de calamités…

Jean-Louis BUSQUET

Bruits de couloir dans les allées du dernier salon Atlantica de La Rochelle tant la discrétion est de mise sur ce type d’événement. Un gérant de camping a laissé filtrer l’information. Il ne décolère pas depuis qu’une famille a porté plainte contre son établissement suite, soit disant, à une attaque en règle d’une ampleur importante de punaises de lit qui avaient infesté un mobil-home. « Le problème dans des cas comme celuilà est que les professionnels n’y sont pour rien. C’est tout sauf de leur faute. Ils subissent la situation. D’autant que ces invasions, et il faut le rappeler, n’ont rien à voir avec un problème d’hygiène, c’est juste la faute à pas de chance. Certains palaces parisiens de luxe n’y échappent pas », indique Sonia Rothurier qui vient justement de créer une nouvelle société, Prophylax, qui aide à prévenir et à résoudre cet épineux problème des punaises de lit en partenariat avec la société Digrain dont le savoir-faire n’est plus à démontrer. En fait, les gens en transportent sans le savoir. Les punaises de lit voyagent en effet très facilement via les bagages et les valises. L’évolution des voyages et des migrations joue un rôle prépondérant dans leur dispersion cosmopolite. Aujourd’hui, le monde entier est touché et le réchauffement climatique ne fait qu’amplifier le phénomène.

Un camping obligé de détruire un mobil-home

Qu’on se le dise, il n’y a jamais eu autant de punaises de lit en France. Le problème s’aggrave. Cela fait plusieurs années que les signalements de punaises de lit se multiplient dans la plupart des grandes villes. Les campagnes et les littoraux ne sont pas épargnés. Le fléau est bien présent.
Dès les premières constatations de la présence de punaises au sein d’un mobil-home, il est urgent d’intervenir dans les plus brefs délais car la situation peut vite tourner au cauchemar. Au cours de sa vie, une femelle peut pondre entre 250 et 500 œufs selon l’environnement dans lequel elle évolue. L’insecte pond entre trois et cinq œufs par jour. Cela varie, parfois cela peut être plus, par « lots » d’une dizaine d’œufs. Ne sortant que la nuit pour se nourrir, elles se dissimulent à proximité des sources de sang : lits et canapés. La journée, elles se terrent dans les ourlets des matelas, les lattes des sommiers, les pieds du lit, les plinthes des murs, les rideaux, les meubles, derrière le papier peint, les prises de courant… Difficiles à trouver – elles mesurent entre 5 et 8 mm –, elles sont aussi résistantes car elles peuvent survivre plusieurs semaines entre deux repas sanguins ! « Quand ça pullule vraiment et qu’un mobilhome en est infesté dans les plinthes et dans le bois, même les traitements les plus lourds deviennent inopérants.
D’ailleurs, par une autre indiscrétion glanée sur Atlantica, il nous a été confirmé qu’un camping aurait carrément été obligé de détruire un mobilhome pour se débarrasser des nuisibles de peur qu’ils ne contaminent l’ensemble du parc. Au sein même d’un camping, les femmes de ménage peuvent en effet les transporter d’un mobil-home à l’autre et cela peut faire un effet boule de neige », renchérit Sonia Rothurier. Un problème qu’il ne faut donc surtout pas prendre à la légère !

Le curatif en première instance

Avant d’en arriver là et de procéder à la destruction d’un hébergement, des solutions existent. Dans tous les cas, lors d’une infestation avérée, il est important de réagir vite, car plus la détection est précoce, plus la lutte est efficace. « Dès les premières certitudes de présence de punaises de lit, il n’y a pas d’autres choix que de s’engager en première instance dans le curatif pour les éradiquer. Pour ce faire, la société Prophylax envoie au camping des solutions de traitement, des produits à diluer et à pulvériser ainsi que du matériel et notamment un masque de protection », indique Sonia Rothurier. Ces produits sont à base de cyperméthrine, une substance active de produit phytosanitaire, qui présente un effet insecticide, et qui appartient à la famille chimique des pyréthrinoïdes de synthèse.
L’idée est d’en pulvériser les sols, les plinthes, les matelas et de réitérer cette opération un mois après pour venir à bout de tous les œufs. La literie est bien évidemment la principale zone à traiter, et pas seulement le matelas, car les insectes colonisent aussi les lattes des sommiers. Après chaque traitement, il est conseillé d’aérer le mobil-home pendant au moins 24 heures par principe de précaution. « Maintenant, je vais être honnête. Si l’infestation est sérieuse voire gigantesque, je conseille aux gérants de campings d’appeler en urgence des entreprises spécialisées qui se sont multipliées ces dernières années sur le territoire. Certaines aujourd’hui ont même dressé des chiens pour dénicher les punaises de lit et détecter les lieux de ponte des œufs afin de mieux cibler les traitements… C’est dire l’ampleur du problème », reprend la cheffe d’entreprise. Là encore, il faut être attentif aux prestations proposées par ces entreprises souvent pour plusieurs centaines d’euros. Le problème, surtout s’il est aigu, ne se règle pas en un seul passage. Il faut au moins compter sur trois passages, à trois ou quatre semaines d’intervalle pour éradiquer les œufs. Un protocole que ne respectent pas forcément les entreprises. Une chose est sûre : certains traitements peuvent durer des mois. Un calvaire !

Des solutions de prévention

Pour éviter d’en arriver là, la société Prophylax propose également des traitements préventifs pour protéger les mobil-homes du fléau des punaises de lit, notamment avec des produits sans aucune nocivité. « Je propose ainsi aux campings de la terre de Diatomé, une poudre minérale naturelle à saupoudrer autour et au pied des lits afin que les insectes ne montent pas dans les matelas. Cette terre est constituée de petits grains qui sont comme des mini-rasoirs qui écartent les écailles des punaises et finissent par les faire mourir. C’est assez efficace en prévention », reconnaît Sonia Rothurier. Cette dernière propose également de compléter le protocole de prévention avec la mise en place d’une housse spéciale de matelas qui dispose d’un tissage particulier et qui est dotée d’une fermeture totalement hermétique. C’est vraiment étudié pour et cela évite de jeter le matelas au cas où les punaises viendraient à proliférer et le coloniser.
Cette housse pour deux personnes est lavable à 40°C et elle est réutilisable. Un investissement utile très complémentaire de la terre de Diatomé ! D’autres gestes simples peuvent participer au traitement anti-punaises de lit. Il faut nettoyer les draps à 60°C (voire 90°) et aspirer le plus souvent possible les mobil-homes dans les moindres recoins. L’idéal est d’utiliser un nettoyeur vapeur. Autre solution thermique, le congélateur dans lequel il faut faire transiter tout le linge et les objets pendant 72 heures à -20°C pour 100 % de mortalité après les avoir stockés dans des sacs-poubelles. Des petites astuces somme toute assez fastidieuses !
On l’aura compris, la lutte contre les punaises de lit est une « guerre », une guerre à gagner pour éviter de ternir la réputation de son camping, qui plus est avec la terrible caisse de résonance des réseaux sociaux.

La chasse aux mauvaises odeurs : filtre à charbon et oxygène actif

Un autre fléau, certes moins impactant que les punaises de lit, peut tout de même également gâcher des séjours et enflammer la toile d’avis négatifs : les mauvaises odeurs.
Canalisations, humidité, toilettes, animaux domestiques, cigarettes, cuisines, fritures, les mauvaises odeurs peuvent avoir des origines diverses et ne sont pas toujours faciles à éliminer dans les mobil-homes. La société Natéo Santé, spécialiste des solutions axées sur la santé pour lutter contre les microbes et les bactéries, a mis à profit son savoir-faire pour innover cette fois dans la « bataille » contre les mauvaises odeurs. « Nous avons sorti un module cubique (23 x 23 x 23 cm) ergonomique qui répond au nom de Hygeolis, et est doté d’un préfiltre à particules contre les poussières et les pollens puis d’un filtre à charbon capable de capter les odeurs à la source et de les détruire. Une turbine aspire l’air et le purifie 24 h/24 via la filtration. C’est l’équipement idéal pour des chambres ou des mobil-homes de 30 à 45 m² », précise Xavier Blanc, responsable distribution France et export chez Natéo Santé. Le purificateur d’air Hygeolis, qui élimine les odeurs, permet d’éviter de masquer les odeurs avec des diffuseurs de parfum classiques qui sont un très mauvais signe vis-à-vis de la clientèle.
Les clients n’en veulent plus. En plus de la filtration, Hygeolis dispose également une option de traitement à l’oxygène actif, un détergent naturel qui sort ponctuellement du boîtier et va chercher et capter les odeurs les plus tenaces. Le débit d’oxygène actif est réglable en fonction du volume de la pièce. C’est très efficace », poursuit Xavier Blanc.

Hygeolis à la location pour les personnes allergiques

Pour un camping, Hygeolis pourrait vite devenir indispensable comme produit de nettoyage. Il peut permettre de purifier l’air des mobil-homes en trente minutes entre deux locations grâce à un traitement curatif puissant à l’oxygène actif dans un mobil-home fermé sans présence humaine. Les femmes de ménage peuvent ainsi les faire tourner d’hébergement en hébergement les jours de départs et d’arrivées. « Si un mobil-home est soumis à des mauvaises odeurs persistantes, il est possible de laisser Hygeolis en fonctionnement 24 h/24.
Cela peut sauver ce mobil-home pour la semaine sans crainte de remontrances », ajoute Xavier Blanc. Idem pour les mobil-homes neufs dont l’air est parfois saturé de formaldéhyde.
Autre option : proposer Hygeolis à la location pour quelques dizaines d’euros la semaine à des gens soucieux de la qualité de l’air intérieur. « Notamment pour préserver les nuits des personnes ou des enfants allergiques au pollen qui pourraient souffrir d’asthme, grâce au filtre acaricide, bactéricide et virucide. C’est le genre de services qui peut-être apprécié par la clientèle », conclut Xavier Blanc qui imagine des campings de 200 mobilhomes s’équiper de trois ou quatre Hygéolis pour l’ensemble de ces services et pour un prix de 21 euros par mois pendant 36 mois pour un module.
Pour la clientèle, le bien-être à l’intérieur des hébergements locatifs le vaut bien et n’a pas de prix…