Alors que le protocole pour la rentrée scolaire qui a lieu le 2 septembre est en train de se préciser, la question de la mise en place de purificateurs d’air ou de capteurs de CO2, revient sur la table.
Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a précisé, le 22 août, les contours de la rentrée scolaire, dont le protocole Covid-19 a été annoncé en juillet.
Depuis la rentrée dernière, deux installations sont prônées pour permettre une vigilance accrue dans les salles de classe : les purificateurs d’air et les capteurs de CO2. Ces derniers permettent d’évaluer la quantité de dioxyde de carbone présente dans l’air. Selon le Haut Conseil de la santé publique, c’est à partir de 800 ppm (partie par million) qu’il est nécessaire d’aérer. Ainsi, même si le protocole sanitaire de niveau 2 qui sera en place pour cette rentrée, prône déjà des aérations régulières des pièces, ces capteurs seraient un moyen de réagir rapidement lorsque les risques de transmission augmentent.
Jean-Michel Blanquer a déclaré dimanche vouloir « les généraliser », comme il l’avait déjà dit au printemps. « Il y a un consensus scientifique pour en équiper les classes car cela permet de mesurer le besoin d’aération », a-t-il ajouté.
Consensus, il y a en effet. Mais dans une tribune publiée dans Le Monde (article payant) le 19 août, des médecins, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab, estiment que « la recommandation d’équiper les établissements de détecteurs de CO2 ne peut suffire : cela doit être la règle ». Ils rappellent que dès cet été, plusieurs pays comme l’Irlande et le Québec ont « équipé toutes les classes de détecteurs ».
Capacité à financer
Reste à savoir à qui revient la charge de cette installation. Le ministre de l’Education nationale a indiqué qu’il s’agissait d’une « compétence des collectivités locales », avec qui il souhaite travailler « en partenariat (…) plutôt que par la contrainte ».
Interrogée par Le Monde, Delphine Labails, maire socialiste de Périgueux et responsable des questions scolaires à l’Association des maires de France, a déclaré que « les communes ne sont pas en capacité de financer ces appareillages pour l’ensemble de leurs classes ». « L’État doit nous accompagner. Nous avons déjà fait cette demande en mars, sans succès », a-t-elle affirmé.
Concernant les purificateurs d’air, le ministre a un avis plus tranché sur la question. Dans les colonnes du JDD, il a déclaré dimanche que « les autorités sanitaires nous ont toujours demandé de faire preuve de discernement » : « Ces purificateurs d’air peuvent être utiles, surtout pour certaines salles impossibles à aérer suffisamment par les fenêtres. »
« Augmentation des demandes »
France Inter rapporte que la société NatéoSanté qui produit des purificateurs a équipé « près de 500 établissements scolaires depuis l’année dernière ». « Depuis deux semaines, on perçoit une augmentation des demandes pour équiper certains lycées », note le président de la société, Thierry Ricci.
Là encore, cette installation a un coût. Le 20 août, le député EELV de Maine-et-Loire Matthieu Orphelin a dénoncé dans un communiqué « le refus du ministre de l’Education national de généraliser les capteurs et les purificateurs d’air dans les classes », jugeant cette décision « incompréhensible ».
Le député a ainsi demandé « la création d’un fonds d’aide à l’achat pour venir en soutien des communes à hauteur de 1 000 euros par classe, soit 250 millions d’euros pour équiper les classes de l’ensemble des écoles publiques ».