En Allemagne, de nombreuses salles de cours sont équipées de purificateurs d’air. La France est moins en avance sur cette question de la qualité de l’air en milieu scolaire.
Pendant des années, Thierry Ricci a pu se sentir un peu seul. En créant son premier purificateur d’air dans son garage de Sainte-Pazanne, en 2009, cet homme en proie aux allergies ne trouvait pas grand monde pour s’intéresser à la qualité de l’air. Quelques années et une pandémie plus tard, cette préoccupation est dans toutes les têtes. Natéosanté, l’entreprise de Thierry Ricci, croule sous les demandes. Après des années à exporter ses machines en Asie, le marché s’est brutalement recentré en Europe, Covid-19 oblige.

99,6 % des coronavirus éliminés

Lors de la première vague, au printemps 2020, la société a équipé de nombreuses cliniques et hôpitaux. Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises et collectivités s’intéressent à ses appareils Made in France, qui éliminent, selon un laboratoire indépendant, 99,6 % des coronavirus présents dans l’air. « Nous comptons plus de 300 établissements scolaires équipés avec nos solutions de purification de l’air en France », indique Thierry Ricci.

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne Rhône Alpes, est en contact avec cette entreprise dans le cadre d’un plan de 10 millions d’euros pour équiper l’ensemble des établissements scolaires de son territoire. Thierry Ricci était, la semaine dernière, à Paris, pour rencontrer la mairie du 9e arrondissement. « Ça commence à bouger fort dans les écoles, glisse ce chef d’entreprise. Les élus prennent conscience qu’il faut faire les choses bien pour les enfants. Après, c’est comme toujours, il y a les leaders, les précurseurs, et puis il y a les suiveurs, qui vont attendre qu’un texte de loi leur impose une conduite à tenir. »

20 000 € pour les écoliers des Moutiers

Dans la petite commune des Moutiers-en-Retz, la maire, Pascale Briand, n’a pas attendu pour équiper les cinq salles de classe de l’école publique, en novembre. Un budget de 20 000 € que cette chercheuse, ancienne pilote du plan cancer mené par Jacques Chirac, successeure de Martin Hirsch à la tête de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, puis directrice de l’Agence nationale de la recherche, n’a pas hésité à solliciter auprès de ses élus. « Et nous pensons à en équiper d’autres salles de la commune, notamment celles qui accueillent les associations » , précise-t-elle.

Smiley rouge : on ouvre !

Mais, avec un tarif de départ à 2 000 € le purificateur, le coût peut rapidement dissuader les collectivités. Alors beaucoup de mairies ont préféré prendre en main la qualité de l’air dans les écoles, en jouant sur un autre levier : la quantité de dioxyde de carbone dans la classe. Rien à voir avec une purification, il s’agit d’alerter les enseignants sur le besoin d’ouvrir les fenêtres. « Nous proposons ce produit depuis de nombreuses années, poursuit Thierry Ricci. Clairement, ces dernières semaines, il y a eu une forte hausse des demandes. Nous en avons vendu plus de 200 unités ces quatre dernières semaines. Nos capteurs sont pédagogiques, avec un système de smileys. Avec un coût d’achat nettement moins cher, beaucoup de collectivités y font appel. » D’autant que le ministère de la Santé vient de préconiser leur utilisation dans les cantines scolaires.

Source : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/covid-19-quelles-mesures-pour-la-qualite-de-l-air-en-classe-7178820