Recommandations SF2H : qualité de l’air, CO₂ et prévention des infections associées aux soins

29 mai 2026

Pourquoi les recommandations SF2H 2024 ont marqué un tournant dans la prévention des infections associées aux soins

Les Recommandations pour la prévention de la transmission par voie respiratoire des agents infectieux en milieu de soins publiées par la SF2H (Société Française d’Hygiène Hospitalière) en Octobre 2024 ont marqué une évolution importante dans la prise en compte de la qualité de l’air intérieur dans les établissements de santé.

Au-delà des précautions standard et des équipements de protection individuelle, ces recommandations renforcent désormais le rôle de la ventilation, du renouvellement d’air, de l’aération des locaux, de la surveillance du confinement et de l’analyse des environnements intérieurs dans la prévention des infections associées aux soins (IAS), anciennement appelées infections nosocomiales.

Cette évolution s’inscrit directement dans les enseignements tirés de la pandémie de Covid-19 et dans une meilleure compréhension de la transmission aéroportée de certains agents infectieux.

Aujourd’hui, la prévention ne repose plus uniquement sur les comportements individuels. La maîtrise des environnements intérieurs devient progressivement un levier complémentaire de sécurisation des espaces de soins, et elle commence toujours par une étape que l’on néglige trop souvent : mesurer avant d’agir.

Personnes âgées soignées par le personnel médical

Qualité de l’air et transmission respiratoire : ce que rappellent les recommandations SF2H

Les recommandations de la Société Française d’Hygiène Hospitalière rappellent que certains espaces peuvent favoriser l’accumulation des aérosols respiratoires lorsque le renouvellement d’air est insuffisant : chambres, salles d’attente, salles de soins, espaces d’accueil, salles de réunion, espaces de pause.

En milieu hospitalier, la transmission par voie respiratoire constitue un enjeu majeur aussi bien pour les patients que pour les professionnels de santé.

La qualité de l’air intérieur devient ainsi un sujet transversal associant prévention des infections nosocomiales, santé au travail, confort des occupants, performance des bâtiments et gestion du risque aéroporté.

Les recommandations soulignent donc l’importance d’une ventilation adaptée, d’un renouvellement d’air suffisant et d’une meilleure maîtrise des situations de confinement.

Le CO2, pourquoi le mesurer ? Les taux de CO2 dangereux en ppm ? Quel est le taux de CO2 maximum dans une pièce ou dans l’air ?

Pourquoi le CO₂ devient-il un indicateur clé dans les établissements de santé ?

Parmi les évolutions importantes des recommandations SF2H figure l’utilisation du CO₂ comme indicateur de confinement des espaces intérieurs.

Le dioxyde de carbone (CO₂) ne permet pas de mesurer directement la présence de virus ou de bactéries dans l’air. En revanche, il constitue un indicateur simple permettant d’évaluer indirectement le renouvellement d’air, l’occupation réelle des locaux et l’accumulation potentielle des aérosols expirés.

La recommandation R5 de la SF2H indique qu’il est fortement recommandé que les débits d’air neuf permettent d’obtenir un taux de CO₂ dans un local occupé inférieur à 1 300 ppm, et si possible inférieur à 800 ppm. Ce seuil de 800 ppm constitue également le taux maximal fixé pour les chambres accueillant des patients à risque infectieux élevé.

La SF2H rappelle également, dans le commentaire de la recommandation R3, l’intérêt d’utiliser des capteurs de CO₂ (fixes ou temporaires) pour vérifier les paramètres de ventilation d’un local, en complément d’autres outils comme les anémomètres ou les débitmètres.

La surveillance du CO₂ dans le temps permet ainsi d’identifier certaines situations nécessitant une amélioration de l’aération ou une analyse plus approfondie des environnements intérieurs. Cette approche concerne aussi bien les établissements hospitaliers que les cliniques, EHPAD, structures médico-sociales ou cabinets médicaux.

Le CO₂ suffit-il pour évaluer la qualité de l’air intérieur ?

Même si le CO₂ constitue un excellent indicateur de confinement, il ne permet pas à lui seul d’évaluer l’ensemble des problématiques liées à la qualité de l’air intérieur.

Les recommandations de la SF2H rappellent d’ailleurs que le CO₂ ne mesure pas directement la concentration de particules respiratoires infectieuses dans l’air.

Dans les établissements de santé, d’autres polluants peuvent être présents : particules fines, composés organiques volatils (COV), formaldéhyde, agents biologiques, produits chimiques issus des activités de soins. Par ailleurs, deux locaux visuellement similaires peuvent présenter des situations très différentes selon les usages, le nombre d’occupants, les habitudes d’aération et les performances réelles de la ventilation.

C’est pourquoi de nombreux établissements souhaitent aujourd’hui objectiver leurs environnements avant d’engager des actions correctives ou des investissements techniques.

Pourquoi réaliser un diagnostic qualité de l’air dans un établissement de santé ?

Installer un épurateur d’air ou modifier une ventilation sans avoir objectivé l’existant, c’est précisément ce que les recommandations SF2H cherchent à éviter. La R10 impose une analyse de risque formelle avant toute mise en place d’appareil mobile. La R7 recommande une cartographie de la ventilation effective en situation réelle d’occupation. Cette cartographie doit être réalisée en situation réelle d’occupation lorsque le CO₂ est utilisé comme indicateur, et mise à jour à chaque modification significative des locaux.

Le point de départ est donc toujours le même : comprendre ce qui se passe réellement dans les locaux, avant d’agir.

Un diagnostic qualité de l’air intérieur permet notamment :

  • d’analyser les niveaux de CO₂ dans le temps et en situation réelle d’occupation,
  • d’identifier les espaces en situation de confinement,
  • de mesurer certains polluants présents dans l’air,
  • d’obtenir une vision objective des environnements intérieurs,
  • d’aider à prioriser les actions correctives selon le niveau de risque pour les patients et résidents.

C’est cette logique que NatéoSanté applique : un diagnostic terrain d’abord, pour objectiver les situations, puis des solutions adaptées : suivi continu du CO₂ et de la qualité de l’air dans le temps et, si l’analyse le justifie, mise en place de purificateurs d’air certifiés HEPA H13.

Cette approche permet de hiérarchiser les actions les plus pertinentes selon le niveau de risque réel : amélioration des pratiques d’aération, optimisation de la ventilation, sensibilisation des équipes ou recours à des solutions complémentaires. Et d’en suivre l’efficacité dans le temps — ce qu’aucun équipement seul ne peut garantir.

Quelle place pour les épurateurs d’air dans les recommandations SF2H ?

Les recommandations SF2H rappellent que la priorité doit toujours être donnée au renouvellement d’air, à la ventilation mécanique et à l’aération des locaux. Les appareils mobiles de traitement d’air interviennent en complément.

La recommandation R10 est explicite : il est fortement recommandé de réaliser une analyse de risque avant toute mise en place d’un appareil mobile, prenant en compte les paramètres de base de ventilation de la pièce, son utilisation, les autres moyens palliatifs possibles pour améliorer la ventilation, l’apport d’air neuf et les patients ou résidents accueillis.

Si cette analyse conclut à la pertinence d’un appareil mobile, la recommandation R11 précise qu’il doit utiliser une filtration HEPA H13 minimum selon la norme NF EN 1822-1. La SF2H ajoute qu’il convient de le positionner de façon à ne pas attirer le flux d’air vers la porte d’entrée de la chambre du patient ou du résident.

Enfin, la R9 rappelle que l’ensemble des systèmes de ventilation doit bénéficier d’une maintenance préventive annuelle tracée. C’est un rappel important : un équipement installé sans suivi dans le temps ne garantit pas une qualité de l’air maîtrisée. C’est précisément pour cela que NatéoSanté propose ses solutions en location opérationnelle — capteurs de suivi de la qualité de l’air et épurateurs d’air avec filtre HEPA — avec maintenance intégrée, pour que la conformité ne soit pas un état ponctuel mais une réalité continue.

Vers une approche plus globale de la prévention du risque infectieux

Les recommandations SF2H d’octobre 2024 dessinent une feuille de route claire pour la prévention des infections nosocomiales : ventilation en priorité, cartographie des non-conformités, analyse de risque avant toute action complémentaire, suivi dans le temps.

Ce que ces recommandations mettent en lumière, c’est qu’aucune solution isolée, ni un purificateur d’air, ni une modification de ventilation, ne suffit sans une connaissance fine des environnements intérieurs. La qualité de l’air ne se décrète pas, elle se mesure, se suit et s’ajuste.

C’est exactement l’approche que NatéoSanté propose aux établissements de santé et médico-sociaux : partir du diagnostic terrain pour identifier les situations réelles et prioriser les espaces les plus à risque, puis déployer les solutions adaptées : suivi continu de la qualité de l’air, location opérationnelle de purificateurs d’air certifiés HEPA H13, avec un accompagnement qui s’inscrit dans la durée.

Anticorps attaquant un virus
Pourquoi la qualité de l’air est-elle importante dans la prévention des infections associées aux soins ?
La qualité de l’air intérieur joue un rôle essentiel dans la prévention des infections associées aux soins (IAS), car certains agents infectieux peuvent se transmettre par voie respiratoire sous forme d’aérosols. Lorsque la ventilation est insuffisante ou que le renouvellement d’air est limité, ces particules peuvent s’accumuler dans les espaces occupés et augmenter le risque d’exposition pour les patients, les visiteurs et les professionnels de santé.
Que recommande la SF2H concernant la qualité de l’air ?
Les recommandations SF2H 2024 renforcent l’importance de la ventilation, de l’aération des locaux et de la maîtrise des environnements intérieurs dans la prévention de la transmission respiratoire des infections en milieu de soins. Elles insistent également sur les campagnes de mesure, notamment la surveillance du CO₂ en situation réelle d’occupation, pour identifier les zones à risque et prioriser les actions correctives.
Pourquoi le CO₂ est-il surveillé dans les établissements de santé ?
Le CO₂ est utilisé comme indicateur de confinement des espaces intérieurs. Un niveau élevé peut traduire un renouvellement d’air insuffisant et une accumulation plus importante des aérosols expirés.
Quel taux de CO₂ est recommandé par la SF2H ?
La recommandation R5 de la SF2H indique qu’il est fortement recommandé que les débits d’air neuf permettent d’obtenir un taux de CO₂ inférieur à 1 300 ppm dans les locaux occupés, et si possible inférieur à 800 ppm. Ce seuil de 800 ppm est également fixé comme taux maximal en occupation pour les chambres accueillant des patients à risque infectieux élevé.
Les recommandations SF2H parlent-elles des épurateurs d’air ?
Oui. La recommandation R10 impose une analyse de risque formelle avant toute installation d’appareil mobile de traitement d’air. Si cette analyse est favorable, la R11 précise que l’appareil doit être équipé d’une filtration HEPA H13 minimum selon la norme NF EN 1822-1, et positionné de façon à ne pas diriger le flux d’air vers la porte d’entrée de la chambre.
Quels appareils mobiles de traitement d’air sont évoqués par la SF2H ?
Les recommandations mentionnent notamment les dispositifs équipés de filtration HEPA H13 minimum selon la norme NF EN 1822-1, lorsqu’ils sont correctement dimensionnés et entretenus.
Les purificateurs d’air remplacent-ils la ventilation ?
Non. Les purificateurs d’air ne remplacent pas le renouvellement d’air ni une ventilation conforme. Ils peuvent intervenir en complément pour contribuer à réduire certaines particules en suspension dans l’air.
Le CO₂ permet-il de mesurer les virus dans l’air ?
Non. Le CO₂ ne mesure pas directement les particules respiratoires infectieuses présentes dans l’air. Il constitue un indicateur indirect du renouvellement d’air et du confinement des espaces.
Pourquoi réaliser un diagnostic de la qualité de l’air dans un établissement de santé ?
Un diagnostic qualité de l’air permet d’objectiver les environnements intérieurs, d’analyser les niveaux de CO₂ et certains polluants, puis d’identifier les actions adaptées pour améliorer la qualité de l’air et réduire les risques liés aux environnements confinés.
Qu'est-ce que la cartographie de la ventilation recommandée par la SF2H ?
La recommandation R7 de la SF2H demande qu’une cartographie de la ventilation effective soit établie dans l’ensemble des établissements de santé et médico-sociaux. Elle doit être réalisée en situation réelle d’occupation, communiquée à la direction et aux équipes de prévention du risque infectieux, et mise à jour à chaque modification significative des locaux. Elle sert à identifier les non-conformités et à prioriser les travaux selon le niveau de risque pour les patients.
Par où commencer pour se mettre en conformité avec les recommandations SF2H sur la qualité de l'air ?
La première étape recommandée par la SF2H est de connaître l’état réel de la ventilation et des niveaux de CO₂ dans vos locaux, en situation réelle d’occupation. C’est le point de départ de la cartographie exigée par la R7 et de l’analyse de risque imposée par la R10 avant tout déploiement d’appareil complémentaire. NatéoSanté propose un diagnostic qualité de l’air spécialement conçu pour les établissements de santé et médico-sociaux, pour vous aider à objectiver vos environnements et prioriser vos actions.